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Prostate

Publié dans cyclisme

Prostate

 

Disons que vous avez la cinquantaine et que vous constatez lors de vos sorties vélo que vous devez vous arrêter plus fréquemment pour pisser et qu'en plus la pression est faiblarde… C'est ennuyeux, ça casse le rythme. Vous entendez les moqueries de ceux qui restent assis sur le cadre en vous attendant: "Ah! les papys avec leur prostate…".

Alors en rentrant à la maison vous cliquez "prostate" dans le navigateur de votre ordinateur. Forcément au bout de 10 mn, vous sentez comme un frisson glacé vous parcourir l'échine en même temps que des gouttes de sueur perlent sur vos tempes.
Vous êtes inquiet… C'est normal.

Alors c'est quoi ce bazar…? Eh bien c'est le lot commun de la plupart des hommes. A partir de la cinquantaine la prostate augmente généralement de volume. La première conséquence (pas très grave) est que cela vient comprimer l'urètre et réduire le jet lors de la miction. Le fameux: "Merde je me pisse sur les godasses".

Mais revenons sur les autres informations que vous avez lues et qui vous ont fait transpirer: Le cancer de la prostate…
Toutefois avant d'aller plus loin, mettez dans un coin de votre tête que cancer et cellules cancéreuses, ce n'est pas la même chose.

Cependant le cancer de la prostate n'étant pas une vue de l'esprit (8 700 décès en France en 2010), allons donc consulter… Et c'est là que ça peut se compliquer.

On commence par un toucher rectal chez son médecin généraliste…  
Votre médecin connait son boulot et à part cette petite gêne fonctionnelle assez banale chez les personnes de plus de 50 ans. Vous n'êtes pas malade et il ne voit pas l'intérêt de vous stresser avec une maladie que vous n'avez pas à ce jour et que vous n'aurez peut-être jamais. On parle du cancer de la prostate bien sûr… Il vous propose de refaire si vous le souhaitez un examen dans un an ou deux, pour suivre l'affaire…

Maintenant on vous conseille (ou vous le demandez vous même suite à vos lectures angoissantes) de faire un dosage de PSA… Parce que se serait bête de passer à côté, et si les choses peuvent être prise à temps, et patati et patata… Et bien vous avez gagné. Votre taux de PSA est élevé. Oui, mais au fait qu'est ce que ça veut dire? Eh bien à part une sur-détection de la maladie, en terme de diagnostique précis pas grand chose… En fait cette méthode de dépistage est très controversée, car dans le cas où vous seriez atteint d'un cancer, elle ne démontre en aucune façon si ce cancer est bénin ou malin (qui pourrait bien dire)…

Mais vous êtes maintenant dans les mains de spécialistes, et des malades du cancer ils en voient tous les jours.

Alors forcément la suite logique sera la biopsie. On va donc piquer dans votre prostate comme dans une poupée vaudou à la recherche de cellules cancéreuses… Et on va certainement tomber dessus puisqu'à cet âge on en trouve quasiment chez un homme sur deux. Mais rappelez-vous, cancer et cellules cancéreuses, ce n'est pas la même chose… Des cellules cancéreuses se créent chaque jour et sont éliminées par le système immunitaire, sans conséquence pour l'organisme…

Evidemment votre urologue lui ne voit pas forcément les choses de cette façon. Lui, il côtoie les malades et il voit les gens mourir. C'est son environnement. Il ne peut pas faire autrement que de vous conseiller l'opération. Mais vous, vous vous sentez comment? Malade? Pas spécialement… Parce que les conséquences de cette intervention ne seront peut-être pas anodines. Il y a de grandes chances pour que vous soyez par la suite incontinent ou impuissant… ou les deux. Cela mérite réflexion…

Pour l'instant aucune étude ne montre de différence significative en terme d'espérance de vie entre des malades diagnostiqués "cancer de la prostate" qui ont été opérés et d'autres qui ne l'ont pas été. Pourtant il y a tous ces articles, ces émissions qui prônent un dépistage généralisé. C'est vrai que les grandes firmes pharmaceutiques déploient de gros moyens en terme de communication pour encourager le dépistage. Pourtant ni l'OMS, ni la plupart des autorités de santé gouvernementales ne souhaitent s'engager dans ce sens car à l'échelle d'une population les risques encourus pour les patients en cas d'opération sont globalement supérieurs aux bénéfices. Pour 1 cas de cancer réellement avéré, 50 hommes "bien portant" auront été traités et un grand nombre d'entre eux garderont des séquelles irréversibles (incontinence, impuissance…).

Une étude Canadienne portant sur 46 000 hommes tirés au sort sont répartis en 2 groupes. Le premier groupe a suivi un dépistage (toucher rectal et PSA) et le second n'a rien fait. Au bout de 11 ans on a comparé le pourcentage de mortalité par cancer de la prostate dans les 2 groupes. Eh bien curieusement et de manière imprévue c'est dans le groupe dépisté que l'on trouve la plus forte mortalité. Qu'est-ce que cela peut bien signifier? Que peut-être l'annonce au patient qu'il est porteur d'un cancer ne l'avantage pas psychologiquement et le rend ainsi plus vulnérable.

Par ailleurs comme je l'écrivais déjà plus haut, lors une autre étude, dans le cas de cancers diagnostiqués, si on compare cette fois les patients opérés et ceux qui ne l'ont pas été, on observe un pourcentage de décès quasiment identique dans les 2 groupes. La chirurgie ne semble pas présenter d'avantages quand à une éventuelle opportunité de prévenir de la mort du patient.

Et puis très souvent dans le cas d'un cancer agressif il y a des métastases qui sont libérées très précocement dans l'organisme et finalement le traitement de la prostate ne protège pas du décès.

Pour ma part je m'interroge du bien fondé d'une telle campagne de dépistage généralisée du cancer de la prostate. Il me semble qu'il y a confusion entre l’information scientifique, la santé publique, l’intérêt des patients et celui des promoteurs de cette campagne.

En conclusion, à ce stade des discussions, les hommes en bonne santé et âgés de 50 ans ou plus devraient éviter de faire ce dépistage. Bien que ces dépistages donnent des résultats pour certains patients, rien n’est encore défini par rapport à son impact, à long terme, sur une éventuelle opportunité de prévenir les patients d’un décès certain.

S'il s'agit de sauver des vies, pourquoi ne pas s'intéresser par exemple à la suppression du tabac (66 000 morts en France en 2010, dont 21 000 directement par cancer du poumon) qui serait à coup sûr un bienfait immédiat et réel en terme de santé et de finances publiques… Ça ne va pas non?… Clopez tranquillement braves gens. Vous pouvez mourir d'un cancer des poumons mais certainement pas de la prostate…


A+/GR


Source d'inspiration concernant cet article:
http://www.atoute.org/n/article108.html

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/04/le-depistage-du-cancer-de-la-prostate-par-test-sanguin-serait-inutile_1680073_3244.html#xtor=AL-32280515   

 

 

 

 

 

03:55 - 1/01/2012


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Description
Après pas mal d'années de VTT, je suis passé depuis 2003 au cyclisme sur route. Même s'il s'agit toujours de faire du vélo, l'approche en est assez différente. Je vais essayer de vous faire partager mon expérience et donner ainsi quelques pistes pratiques à ceux qui débutent dans ce sport. J'ai 62 ans et roule pour le plaisir. A+. GR.



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