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Publié dans cyclisme

 

 

Drôle de rencontre :

Ce matin en vallée de Chevreuse, je roulais entre Péqueuse et Longchène, bien content d'avoir enfin une route dégagée. Ce n'est pas tant les pelotons qui me gênent, mais plutôt les camionnettes suiveuses et fumeuses des pelotons en question.
Bref, jolie petite route, pas un chat, temps magnifique. Au détour d'une courbe, mon œil accroche une silhouette peu familière. Je reconnais sans peine un sanglier. L'animal trottine dans la prairie, à 200 m à peine, parallèle à moi. Je ralentis pour profiter de l'image.
Le sanglier avance tantôt en ligne droite, tantôt en diagonale vers moi.
Au bout d'une minute ou deux, je comprends, compte tenu de nos trajectoires respectives,
que nos chemins, d'ici un certain temps, pourraient bien se croiser.
Pour le moment, il se trouve à une cinquantaine de mètres. J'accélère un peu pour rester à sa hauteur. Il se rapproche encore. Trente mètres, vingt mètres. Nous "roulons" bien.
Il me voit, je le vois. Il ne semble pas forcer. Il fait frais. Des volutes de fumée s'échappent de son groin. Embardée. Il oblique vers moi. Je pense: "intervalle court ou fractionné long"…
Mais il redresse sa trajectoire, et droit devant nous, à quelques mètres l'un de l'autre, nous fonçons tous deux en parallèle, lui dans son pré, moi sur la route. Je me demande à quoi il pense. Si de retour au bercail, comme moi je le ferais pour ma petite fille, il racontera à ses marcassins: "J'ai fait la course avec un type à vélo…"
J'admire toute la puissance de l'animal. Leçon de force-vélocité. Il n'est absolument pas effrayé. Moi non plus. Pour l'instant cela semble l'amuser. Je ne peux pas dire à quelle vitesse nous "roulons", je ne peux pas tout faire. Ça dure ainsi une trentaine de secondes.
Et puis, un mouvement imperceptible de son corps m'indique qu'il est temps de se séparer.
Je me relève sur le vélo. Le sanglier accélère et me devance. Un peu plus loin, il saute sur la route, court quelques instants devant moi et saute dans le champ opposé, continuant allègrement sa course. Je crois qu'il m'a fait un clin d'œil avant de s'éloigner.

A+/GR.
Le 06 février 2007


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Plus de 60 km/h

En ce moment je suis dans ma maison en Bretagne… Bricolage, jardinage et un peu de vélo. José mon voisin me convie à rouler dimanche matin (hier) avec le club de Plouha dont je sais qu'ils ont de bons rouleurs. Je ne me sens pas particulièrement en forme mais je me laisse tenter… Avec le groupe 1, celui des "coursiers".

Nous voilà partis pour une centaine de bornes sur les toboggans casses-pattes bretons. Finalement je ne me sens pas si mal que ça.
Mais je me contente de suivre au chaud car les bosses se montent vite et je sens que ce n'est pour le moment que de la mise en jambe.
Pas de pot je me retrouve en tête sur une longue ligne droite. J'essaye de maintenir un rythme pas trop ridicule. Il y a du vent 3/4 face. C'est dur. Je sens que ça ne va pas le faire très longtemps. Au bout de quelques minutes je fais signe que je passe le relais. "C'est tout" me dit le collègue en me doublant. Ben c'est pas de ma faute monsieur… J'ai un petit cœur et des petits poumons…

Au fil des kilomètres je guette les signes annonçant ma fin prochaine. Pour le moment ça va. Je ne suis pas encore le dernier en haut des bosses et les meilleurs ralentissent pour permettre au groupe de se reformer. Pour compenser mes nombreux passages dans le rouge je m'alimente un peu plus que de coutume. Bref, au 2/3 du parcours je suis bien étonné d'être encore là. C'est euphorisant. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir rouler ainsi. A part dans les bosses la vitesse ne descend guère au-dessous de 35 km/h. Je fais toujours gaffe de ne pas me retrouver en derrière position pour ne faire l'élastique lorsqu'il y a une accélération. Ce serait fatal… Et justement je vois que l'allure augmente. Je tombe les dents… Bon, tout est à droite, les jambes à plus de 100t/mn… Le compteur au moment où je le regarde passe les 60km/h… (José me dira que nous sommes monté brièvement à 67…). Pour moi c'est le Tour de France… Je vais y laisser toutes mes plumes mais je m'en fous, je suis maintenant à 30 bornes de chez moi. On passe Guingamp. Je m'arrache dans la côte pour sortir de la ville. Je sens que je suis cuit. Un peu de plat, je reprend espoir. Ça accélère. Encore une bosse. Je suis dans le milieu du peloton. Je regarde la roue devant moi en imaginant que c'est un aimant qui va me garder coller à elle. Derrière j'entends gueuler: "Verrou"… Je comprends que c'est de moi dont il s'agit et que je bloque le passage… Tout le monde me passe devant, ainsi qu'une camionnette qui nous suivait dans la côte. Je me colle derrière la fourgonnette au prix d'un effort sur-humain. Ce qui me permet de raccrocher de justesse le groupe au moment ou elle le dépasse dans le haut de la bosse. Encore un sursis. Le dernier, car une accélération brutale lors d'un changement de direction me met 50 m dans la vue. Je me cale à 40 km/h… 43… 45… Rien n'y fait, l'écart augmente et je n'ai plus de jus… José… Il ne m'entend pas. Tant pis. Mais non, il y a un carrefour, le peloton ralenti pour tourner à droite. Je crie: "José, Guimper-Gézennec, tout droit". C'est bon. Nous saluons à la volée.

Comme ça fait du bien tout à coup de rouler à 20 à l'heure. Je me sens pendant quelques instants légèrement hébété comme pédalant au-dessus du sol. Nous rentrons tranquillement en discutant. José est content de sa sortie (un petit décrassage après une 1/2 Marmotte et les 2 Etapes du Tour). Quand à moi forcément ravi, mais ne sachant pas si je dois considérer cette sortie comme un souvenir, un instant de grâce que je ne reproduirai plus jamais ou comme un palier me permettant de rouler différemment…
Je n'ai plus qu'à y retourner dimanche prochain pour savoir.

A+/GR.


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Ventoux

Je me souviens, je m'étais mis au vélo de route depuis peu. Je descendais dans le sud, mon vélo dans le coffre de la voiture. Mon itinéraire passait près du Ventoux. Je décidais de faire une pose dans une chambre d'hôte à proximité et de faire l'ascension le lendemain matin. Pas rassuré par l'aventure, je partais à la tombée de la nuit dans ma petite auto faire le repérage de la montée. C'était raide. Ma vieille 315 BMW ramait en seconde… Ce n'était pas rassurant. J'eus du mal à m'endormir et je me réveillais tôt…

A 8h00 je me garais à Bédouin. Après une dizaine de minutes à m'échauffer les jambes à la sortie du patelin, je lui tournais le dos pour de bon et je m'élançais vers les pentes terribles aperçues la veille dans les phares de ma voiture.

Au virage de St Estève j'ai prié (beaucoup de sportifs se convertissent à la religion dans ces moments là). Mais je suis aussi resté pragmatique… Reprenons, normalement au seuil j'ai une Fréquence cardiaque qui tourne autour de 170… Bon, alors je vais me prendre une petite marge de 10… Non plutôt 15 pulsations… Oui c'est bien… La respiration ça va… Le braquet souple, mais sans que ça mouline trop… Oh comme la forêt est jolie par ici… Tiens un groupe de cyclistes qui me doublent. Ils m'encouragent. Ils ont l'air bien… Moi aussi, même si je vais nettement moi vite. Finalement c'était pas mal ce petit repérage de la veille… Je connais un peu la route. Tiens je double un cycliste… Je respire bien, j'ai pas mal aux pattes. C'est très agréable. J'ai l'impression que je pourrai rouler encore longtemps comme ça. Du coup j'accélère… Mais je suis rapidement calmé. Le cardio me confirme que je suis gravement dans le rouge. C'est vrai que la pente avoisine les 9 ou 10%. Je reprends le rythme qui m'a bien convenu jusque là et je poursuis heureux mon ascension. A l'esprit les images d'une étape du tour de France avec Richard Virenque dans une échappée solitaire sur les pentes de ce Ventoux me galvanisent et me poussent vers le sommet… Il doit encore flotter ici quelques relents de substances mystérieuses…

Et puis au détour d'un virage, du ciel, de la lumière, le Chalet-Reynard… Franchement je n'ai pas vu le temps passé. Il fait beau soleil, il n'y a pas de vent. Bon l'échauffement est terminé, maintenant je vais rouler. Et là c'est une sensation vraiment extraordinaire. Pendant ces derniers kilomètres l'impression d'être facile (tout est relatif bien sûr), je double plein de cyclistes qui ont présumés de leurs forces. Je suis au bas de la tour, un dernier virage, un petit coup de cul et voilà la borne: Mt Ventoux 1900 m.

Le groupe de cyclistes qui m'avaient encouragé un peu plus tôt est là en train de casser la croûte. On se salue. Un gars me demande si je peux le photographier devant la borne. Il me photographie à son tour. Il m'enverra la photo m'assure-t-il. Je la mettrai sur mon blog…

Je rejoins Bédouin en passant par Malaucène… C'était une belle ballade. Le Ventoux c'est fastoche…

A+/GR




01:57 - 1/01/2012


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Description
Après pas mal d'années de VTT, je suis passé depuis 2003 au cyclisme sur route. Même s'il s'agit toujours de faire du vélo, l'approche en est assez différente. Je vais essayer de vous faire partager mon expérience et donner ainsi quelques pistes pratiques à ceux qui débutent dans ce sport. J'ai 62 ans et roule pour le plaisir. A+. GR.



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