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Le sucre

Publié dans cyclisme

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Voilà un produit banal que nous consommons tous sous différentes formes dès que nous enfourchons notre vélo. C'est le compagnon indispensable des sorties longues et difficiles. Le talisman qui tient à distance le terrible "Homme au Marteau", toujours prompt à vous asséner un bon coup derrière la tête et qui vous laisse soudainement sans force, la tête cotonneuse et les jambes en shamallow…

A l'origine dans la nature ce produit énergétique était plutôt rare et saisonnier (miel, fruits…), majoritairement du fructose. Aujourd'hui le sucre, principalement le saccharose, est présent au quotidien dans notre alimentation. On le trouve partout. En premier lieu dans les aliments et boissons que nous sucrons nous même. Mais aussi dans les produits transformés: compotes, yaourts, jus de fruits, pâtisseries, confiseries, viennoiseries, bonbons, sodas…

Mais cela n'a pas toujours été le cas. Le sucre de canne des premières plantations aux Antilles était une "épice" de luxe.

Puis au 19ème siècle avec la culture de la betterave le prix diminue et la consommation augmente… Deux kilos par an et par habitant. Nous en sommes en France actuellement à près de 40 kilos par an et par habitant… Soit une vingtaine de morceaux de sucre par jour. Même pour un sportif très actif ça fait beaucoup… Alors quelle incidence pour une personne lambda?

Consommé seul en dehors d'une activité nécessitant un apport énergétique, le saccharose (comme tous les sucres à index élevés) provoque une augmentation rapide de glucose dans le sang. Il s'ensuit une hyperglycémie qui suscite l'activation de l'insuline, hormone qui va stocker et réguler le glucose dans le sang en diminuant sa concentration.

Une hyperglycémie provoque donc une hyperinsulémie. Les hyperinsulémies répétées entraînent des réponses physiologiques qui diminuent son effet, et on peut aboutir à une résistance à l'insuline. C'est le diabète de type II, accompagnant souvent une obésité.

Les problèmes de caries dentaires sont également bien connus, mais aussi les troubles de la vision et les problèmes dermatologiques. Par exemple, des études sur des populations Inuit, ont mis en évidence qu'en seulement 20 ans, après avoir adopté un régime occidental comportant beaucoup de sucre, 60% des enfants ainsi nourris, parvenus à l'âge adulte souffraient de myopies.
Les problèmes d'acné dont pâtissent nombre d'adolescents sont un problème très récent qui coïncide là encore avec l'apparition massive du sucre dans l'alimentation.

Pour certains auteurs les hyperinsulémies répétées affecteraient les circuits hormonaux, entraînant ou favorisant l'apparition de cancers des cellules épithéliales (sein, prostate, colon), du syndrome d'ovaire polykystique, d'hypertensions, de calvitie masculine, l'avancement des premières règles chez les adolescentes, l'accroissement de la stature…

La démonstration des effets pathologiques de la consommation excessive de sucre suggère qu'il est urgent de reconsidérer la place qu'occupe ce produit dans notre alimentation. Le sucre est le bienvenu lorsqu'il s'agit d'un apport énergétique pour produire de l'effort immédiat, ou pour se faire ponctuellement plaisir… mais certainement pas au quotidien dans les proportions que veulent nous l'imposer les industriels de l'agro-alimentaire, car de toute évidence les intérêts immédiats de ces derniers ne recouvrent pas les intérêts d'une politique de santé publique.

Bonne Route.
GR.


Petit texte très inspiré par le passionnant livre "Cro-Magnon toi même" de Michel Raymond (chercheur à l'institut des sciences de l'évolution de Montpellier).

 

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Attention également avec les produits étiquetés ''sans sucre" :

Les édulcorants de synthèse sont certes moins caloriques, mais ils leurrent l'organisme qui déclenche les mêmes signaux chimiques que pour le sucre. Une étude a été menée sur plusieurs années aux Etats-Unis sur plus de 30 000 femmes en surpoids réparties en 2 groupes: L'un consommant du sucre classique, l'autre des édulcorants de synthèse.

Résultat des courses: Dans le même temps, le groupe édulcorants a prit globalement plus de poids que l'autre groupe qui est resté stable.
Une des explications est la suivante: Avec les édulcorants l’organisme attend les calories correspondants au gout sucré mais ne les obtient pas. L’organisme continue donc de les réclamer. Ce qui pousse les personnes du second groupe à manger plus et donc à grossir d’avantage. C'est donc tout bénef pour les industriels: Des produits ''light'' pour répondre à une problématique qu'ils ont eux-même créé et des consommateurs qui bouffent encore plus… Formidable non?…

Les édulcorants entretiennent artificiellement une dépendance au sucre et au sucré. De plus, même si c’est de façon nettement moins marquée que pour les aliments sucrés, les aliments ou les boissons sucrées aux édulcorants intenses déclenchent une sécrétion d’insuline par le pancréas. Il vaut donc mieux en limiter la consommation.


A+/GR.

 

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Trop de sucre nuit gravement à la santé
Le Monde | 02.02.12 | 16h39   •  Mis à jour le 03.02.12 | 11h50

C'est ce qui s'appelle ne pas y aller avec le dos de la cuillère. Dans un article publié, jeudi 2 février, par la revue Nature, trois scientifiques de l'université de Californie, à San Francisco, affirment que la menace sur la santé publique constituée par la consommation excessive de sucre, en particulier de fructose, est telle qu'elle justifie la mise en place de mesures comparables à celles prises afin de limiter la consommation de tabac et d'alcool.


Le lien établi entre consommation de sucre et augmentation des maladies non transmissibles - diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires, cancers, etc. - ainsi que la similitude entre certains effets du fructose sur l'organisme et ceux de l'alcool plaident, selon Robert Lustig, Laura Schmidt et Claire Brindis, en faveur d'un encadrement strict de la vente des produits sucrés et de leur taxation.


Les troubles métaboliques liés à la sédentarité et à une alimentation trop riche en graisses et en sucres ont un énorme impact sanitaire et favorisent les maladies non transmissibles, qui provoquent plus de 35 millions de morts par an dans le monde, soit davantage que les maladies infectieuses.


Ces pathologies sont loin d'être l'apanage des riches : elles pèsent pour 80 % sur les pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans les pays occidentaux, elles frappent surtout les couches les plus défavorisées. "Il y a 366 millions de diabétiques identifiés dans le monde, et leur nombre devrait atteindre les 500 millions en 2030", indique le professeur Serge Halimi, le chef du service de diabétologie, endocrinologie et nutrition du CHU de Grenoble. La planète compte à présent 30 % de plus de personnes obèses que d'individus sous-alimentés.


L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'ONU ont pris conscience du problème, qui ont adopté, en septembre 2011, une résolution appelant à promouvoir l'activité physique et une alimentation ne présentant pas d'excès en graisses, en sel et en sucre.


Une prise de position que les auteurs de l'article de Nature jugent insuffisante, estimant que le sucre, "l'un des principaux coupables de cette crise sanitaire mondiale, demeure non surveillé". Le sucre serait-il aussi dangereux pour la santé que le tabac ou l'alcool ? Ce n'est pas ainsi qu'il est perçu en tout cas et, contrairement aux deux autres substances, il est indispensable à notre alimentation.


En 2003, Jim Mann (université d'Otago, Nouvelle-Zélande) affirmait, dans le Bulletin de l'OMS, qu'il "existe énormément de preuves que le saccharose et les sucres ajoutés aux aliments contribuent à l'épidémie mondiale d'obésité".


Sur le plan qualitatif, la nature du sucre a son importance. Le fructose, qui entre - avec le glucose - dans la composition du sucre courant, fait figure de principal accusé. Pas tant celui que contiennent naturellement les fruits que le fructose utilisé comme additif pour renforcer la saveur sucrée. Les Américains l'utilisent abondamment sous forme de "sirop de maïs à haute teneur en fructose" dans les entremets et les gâteaux.


"Les fruits ne nous fournissent pas plus de 20 à 30 grammes de fructose par jour. Mais les sirops utilisés dans l'industrie peuvent en apporter jusqu'à 150 grammes au quotidien, explique M. Halimi. Cet apport massif provoque le syndrome métabolique qui associe stockage de graisse dans le foie, hypertension artérielle, diabète et risque cardio-vasculaire, surtout chez des individus prédisposés."


Ce n'est pas tout : Robert Lustig et ses collègues affirment que "le fructose exerce sur le foie des effets toxiques similaires à ceux de l'alcool", ce qui "n'est pas surprenant puisque l'alcool est dérivé de la fermentation du sucre". Surtout, ils insistent sur le fait que de "nombreuses études se sont intéressées aux propriétés du sucre induisant une dépendance chez l'homme". Au rang des effets, ils mentionnent notamment l'atténuation du signal de la faim, l'interférence sur le sentiment de satiété et la diminution du plaisir procuré par les aliments, qui pousserait l'individu à consommer davantage.


Pour les trois universitaires californiens, les actions de prévention sont inefficaces face à la gravité de la situation. Ils recommandent plutôt de taxer fortement tous les aliments et boissons contenant des sucres ajoutés, précisant qu'il serait nécessaire de faire doubler le prix des sodas pour "en diminuer significativement la consommation". En France, la taxe sur les boissons sucrées, entrée en vigueur le 1er janvier, est de 7,16 euros par hectolitre.


Ils suggèrent de limiter le nombre des points de vente de sucreries et d'en réduire les heures d'ouverture, voire de fixer un âge minimal pour pouvoir acheter des boissons sucrées. Et de réduire également le nombre de distributeurs automatiques dans les écoles et les lieux de travail. En France, ces distributeurs sont interdits dans les écoles depuis 2005.


Pourtant, il semble difficilement imaginable d'appliquer dans l'Hexagone la politique préconisée par les experts américains. "Il faudrait une évolution considérable des mentalités", estime le député (UMP) Yves Bur. Promoteur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics et sur les lieux de travail, il souligne le poids des groupes de pression, rappelant qu'une manifestation comme la Semaine du goût est financée par la filière du sucre. En juin 2011, le PS avait déposé une proposition de loi afin d'obliger les industriels à revoir leur politique de vente de produits alimentaires plus sucrés outre-mer, qui favorise l'obésité. Sans suite, pour le moment.


Selon l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA), la vision des auteurs de l'article de Nature est déformée par leur prisme américain. "Les comportements alimentaires sont différents aux Etats-Unis et en Europe, affirme Cécile Rauzy, la directrice qualité-nutrition de l'ANIA. En France, la démarche adoptée est, plutôt que d'interdire, de proposer des alternatives et d'améliorer les produits existants."


Dans l'Union européenne, un règlement publié en novembre 2011 rend obligatoire, pour tous les produits alimentaires, d'ici à 2016, un étiquetage mentionnant la valeur énergétique, ainsi que la quantité de graisses, d'acides gras saturés, de glucides, de sucres, de protéines et de sel.


Paul Benkimoun et Gilles van Kote

Article paru dans l'édition en ligne du 03.02.12
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/02/trop-de-sucre-nuit-gravement-a-la-sante_1637898_3244.html
  

Variante de l'article dans Libé

http://www.liberation.fr/vous/01012388525-l-addition-salee-de-l-exces-de-sucre 

 

 

 

04:07 - 1/01/2012


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Description
Après pas mal d'années de VTT, je suis passé depuis 2003 au cyclisme sur route. Même s'il s'agit toujours de faire du vélo, l'approche en est assez différente. Je vais essayer de vous faire partager mon expérience et donner ainsi quelques pistes pratiques à ceux qui débutent dans ce sport. J'ai 62 ans et roule pour le plaisir. A+. GR.



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